5 solutions contre les erreurs de communication en jeu

by | Feb 6, 2019 | Guides | 0 comments

Jeux coop, team esport et équipe compétitive : trouver des guides, conseils et solutions pour les erreurs de communication classiques, pour plus de teamplay !

Vous est-il déjà arrivé de penser que vos équipiers n’étaient pas à la hauteur ? Avez-vous déjà joué avec des équipiers qui font encore d’énormes erreurs pour votre niveau ? Si vous jouez avec les mêmes équipiers depuis un moment, vous avez peut-être même réalisé que les esprits s’échauffent très vite quand vous êtes en difficulté. Vous connaissez tellement les membres de votre équipe, que vous connaissez par cœur les erreurs qu’ils font. Vous les connaissez, parce que vous vous tuez à leur dire quoi faire pour éviter justement ces erreurs. Enfin, avez-vous remarqué que leurs erreurs vous énervent de plus en plus, au point où aujourd’hui, vous avez décidé de limiter le temps de jeu ensemble, voire de jouer complètement à autre chose car vous n’aimiez pas la tournure que prenaient vos parties ? Ces différents constats, vous pouvez aussi les faire quand vous jouez en groupe avec des inconnus grâce au système de matchmaking.

Vous aimeriez aller plus loin ensemble, que ce soit dans un jeu vidéo en équipe comme Overwatch, LoL et bien d’autres… ou sur des jeux vidéo en coopération avec vos amis. Vous savez qu’il n’y a pas de secrets pour ça et que pour y arriver, il suffit d’éliminer vos erreurs une par une. Vous savez pertinemment que vous en avez les moyens, car vous avez déjà identifié vos erreurs et vous connaissez déjà les solutions, il ne vous reste plus qu’à appliquer ! Mais pour une raison que vous ignorez, les erreurs se répètent et ça commence vraiment à vous fatiguer. Ici, j’aimerais vous permettre de comprendre les éléments manquants dans votre explication et vous permettre de retrouver un jeu serein qui permettra à tout le monde de jouer à son meilleur niveau. Il ne vous faudra pas longtemps pour vous souvenir à quel point il est agréable de jouer ensemble dans un environnement qui permet à tout le monde de progresser.

Mes équipiers ne m’écoutent pas, j’ai l’impression de tout le temps me répéter et qu’ils n’appliquent jamais ce que je leur dis

Votre situation serait presque comique si elle ne générait pas autant de frustration et de nervosité. Si vous êtes comme la quasi-totalité des joueurs, vous imaginez que vos équipiers ne vous écoutent pas ou qu’ils ne font pas l’effort de faire ce que vous demandez. En effet, cela fait des jours voire des semaines que vous leur remontez leurs erreurs. Mais rien n’y fait, elles sont toujours là, toujours exactement les mêmes. Cela commence alors à vous agacer, car tout le monde sait bien que pour aller plus loin ensemble, il faut tout simplement faire disparaître ces erreurs.

Au bout d’un moment, vous finissez même par craquer et vous allez demander aux équipiers concernés « pourquoi est-ce que tu fais encore [insérer l’erreur que vous connaissez tous par cœur] ? » Et là, vous allez avoir deux types de réponses « ouais c’est vrai, je n’aurais pas dû, je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça » ou « je ne sais pas ». Et pour la nième fois, vous allez retenter une explication en répétant exactement la même chose que les autres fois, avec juste un peu plus de frustration dans votre voix. Et évidemment, cela ne marchera toujours pas.

La malédiction du savoir dans les jeux vidéo en équipe

Dans cette partie, je vous expliquerai exactement tout ce qui bloque, tout ce qui vous empêche d’être compris quand vous vous adressez à vos équipiers, et surtout, les éléments qui les empêchent de mettre en pratique ce qu’ils savent ou ce que vous leur demandez.

Le concept dont j’aimerais vous parler aujourd’hui s’appelle la malédiction du savoir. C’est un mécanisme de notre cerveau qui s’enclenche à la seconde où nous avons compris, assimilé quelque chose. Dès que vous avez appris quelque chose de nouveau, il vous semble logique, évident. Repensez à ce que vous avez appris à l’école, entre le moment où vous ne compreniez absolument rien et le moment où vous avez eu le « déclic » et où tout s’éclaire enfin dans votre tête. Mais voilà, ce n’est pas la seule conséquence de ce mécanisme de notre cerveau.
L’autre effet qui accompagne cette révélation, c’est que vous êtes maintenant dans l’incapacité de vous remettre à la place d’une personne qui ne sait pas. Vous ne comprendrez ni ce qui cloche (après tout, c’est TELLEMENT évident !), ni ce qui bloque, ni ce que la personne ne comprend pas de manière générale.
Enfin, le dernier effet, est que votre cerveau, va faire tout simplement l’hypothèse que le monde entier a connaissance de VOS connaissances. En clair, si vous venez d’apprendre quelque chose sur le team play par exemple, d’un seul coup, vous vous attendrez à ce que tout le monde soit aussi au courant et qu’ils appliquent alors cette nouvelle connaissance que VOUS venez à peine d’acquérir.

Avez-vous déjà fait l’expérience des mauvais professeurs à l’école ? Vous savez, ces professeurs qui, quand un élève lève la main pour leur demander des explications, se mettent à répéter à chaque fois exactement la même chose. Mais voilà, l’élève ne comprend toujours pas. Alors, ce professeur, parce qu’il est complètement dépassé, va faire la pire chose au monde qui décourage tous les élèves en difficulté instantanément : Il va se mettre à répéter pour la centième fois exactement la même chose, mais en parlant très lentement, comme s’il s’adressait à un abruti. Inévitablement, l’élève fera semblant de comprendre, il sera démotivé et il pensera petit à petit, qu’il n’est qu’un idiot qui ne mérite pas de réussir. On ne peut pas être plus loin de la réalité. Malheureusement pour le système éducatif, c’est bien le professeur qui doit corriger sa façon de faire ici. Et de la même façon, c’est au joueur qui remonte l’erreur à son équipier qui doit aussi changer sa façon de faire, sa façon d’expliquer les choses.

Les conséquences de cette malédiction du savoir dans les jeux vidéo

Toutes les erreurs que vous connaissez vous feront péter un câble

La première conséquence de cette malédiction du savoir, c’est votre manque de patience envers vos équipiers lorsque ces derniers font des erreurs que vous connaissez. Cela vient du fait qu’à la seconde où vous avez identifié et solutionné une erreur, votre cerveau va faire l’hypothèse que tout le monde sait faire ce que vous savez faire. Et parce que vous ne pouvez plus vous mettre à la place de quelqu’un qui ne sait pas reconnaître cette erreur, vous allez faire la même chose que ce professeur : vous allez petit à petit vous dire que votre équipier est un abruti. Evidemment, vous n’allez pas le dire comme ça, vous allez même vous forcer à ne pas y penser, mais laissez votre équipier faire encore quelques fois les erreurs pendant quelques jours, quelques semaines et vous aurez envie de l’étrangler.

L’autre conséquence qui entraînera un énervement de votre part, c’est que les erreurs que vous avez déjà identifiées vous sauteront au visage dès que vous les verrez se produire. Comme je l’ai dit précédemment, vous avez eu un « déclic ». Combinez ce déclic avec l’hypothèse que tout le monde sait ce que vous savez et vous obtenez un commentaire du type « mais il est complètement con ou quoi ? Il ne voit pas qu’il est en train de faire une grosse connerie ? » Encore une fois, vous le penserez très rapidement et vous veillerez à faire taire ce commentaire pour le remplacer par quelque chose de plus… édulcoré.

Mais dans les cas où on n’a pas de lien d’amitié avec la personne, on n’aura aucune obligation d’édulcoré notre message et on se lâchera bien volontiers sur ses équipiers. Au passage, la malédiction du savoir, c’est justement ce phénomène qui pousse pratiquement tous les joueurs, même les professionnels, à dire que leurs équipiers sont toujours mauvais parce qu’ils font de grosses erreurs.

Vos explications seront extrêmement vagues

Cette malédiction aura des conséquences directes sur votre façon d’expliquer les choses. En effet, vous allez expliquer à votre équipier son erreur de la pire façon possible : vous allez lui expliquer la chose comme s’il savait déjà tout ce qu’il y avait à savoir sur le sujet. En clair, vous lui expliquerez les choses, comme s’il les connaissait déjà. C’est essayer d’expliquer la soustraction à quelqu’un qui n’a même pas appris les additions et de lui dire que « les soustractions, c’est l’opposé des additions ».

Dans votre discours, vous allez très vague. C’est-à-dire que vous allez utiliser d’autres concepts abstraits pour expliquer un concept abstrait. Vous n’êtes pas sûr d’avoir compris ma phrase précédente ? C’est plus ou moins ce que vous faites quand vous expliquez les choses à vos équipiers. Typiquement le sujet qui revient très souvent dans les jeux en équipe c’est la communication. Quand vous voulez expliquer la communication à quelqu’un qui n’y connait rien, vous vous livrez à un véritable florilège de termes abstraits, ce qui donne la chose suivante sur Overwatch par exemple : « alors la communication, c’est super important, il faut connaître le positioning de tout le monde, il faut faire le tracking d’ulti, annoncer les focus, annoncer les cooldowns en face. Grâce à la communication, on peut mettre en avant notre team play et faire jouer nos synergies. »

Que ce soit clair, si vous voulez construire votre team play la dernière chose à faire est de se livrer à ce genre de phrases incompréhensibles. Tout le monde pense savoir ce que veut dire chacun de ces termes. Mais de mon expérience, quand on prend un terme de base comme team play, je n’ai vu presque aucun joueur savoir réellement ce que c’est. Pour certains, le simple fait de faire un peu de tout sans rien vraiment faire correctement, c’est du team play.

Comment reconnaître ces termes abstraits à bannir lorsque vous voulez expliquer quelque chose ? C’est très simple, si le mot que vous utilisez veut dire une chose pour vous et une chose vraiment différente pour un joueur plus expérimenté voire pro, alors n’utilisez plus le terme en question dans vos explications.

Il y a aussi le fait de remonter les erreurs en étant trop général. Dire à un joueur support : « tu ne soignes pas assez », ça ne veut ABSOLUMENT RIEN DIRE. On ne peut pas progresser avec ce genre de remarques. On ne sait pas si c’est un problème d’activité, de réactivité, des soins qui partent aux bons moments, dans le bon ordre, peut-être même un problème de positionnement etc.  Dans la même famille, on retrouve les retours du genre « tu ne m’as pas couvert », « tu es allé trop vite », « tu n’as pas été clair dans tes informations » et bien d’autres encore.

Enfin, mon préféré : mes équipiers sont nuls !

Que ce soit League of Legends, DOTA, Rainbow Six, Overwatch, CS, le constat est toujours le même « mes équipiers sont nuls ». Et si tout le monde pense de la même façon, mauvaise nouvelle pour vous, vous faites aussi partie des nuls.

D’où vient cette conclusion systématique de la part des joueurs ? Eh bien avec la malédiction du savoir, vous avez déjà une bonne piste. Comme je l’ai précédemment, quand vous connaissez les erreurs des autres, elles vous sautent aux yeux tellement elles sont évidentes. Et parce qu’elles sont évidentes pour vous, vous vous dites alors que vos équipiers sont vraiment stupides de faire encore ce genre d’erreurs.

Mais devinez quoi ? Vos équipiers voient vos erreurs de la même façon. Pour eux aussi, vous faites des erreurs « stupides ». Et bien sûr, cette malédiction de la connaissance ne faisant pas les choses à moitié, vous ne voyez pas du tout vos erreurs et vos équipiers ne voient pas les leurs. En fait, vous êtes tous tellement absorbés par les erreurs des autres que vous les connaissez par cœur. Par contre, personne ne connaît ses propres erreurs s’il n’y fait pas vraiment attention grâce à des analyses poussées par exemple.

Mais pourquoi est-on victime de ce phénomène ?

Avez-vous remarqué que ce sont très souvent les joueurs les plus expérimentés qui tentent d’apporter des corrections dans le jeu des autres ? Avez-vous aussi remarqué que ce sont ces mêmes joueurs qui sont les plus rapidement frustrés ? L’explication est alors assez simple, parce que les erreurs des joueurs moins expérimentés sautent en permanence aux yeux de ces joueurs plus expérimentés, il sera très difficile pour eux de jouer sans avoir envie de péter un câble.

Alors que ce soit clair, si vous jouez à des jeux ensemble où il n’y a aucune difficulté, aucun but, alors oui, il ne se passera rien. Mais si vous êtes en train de lire cet article, il y a de grandes chances que vous soyez plutôt en train de jouer à des jeux nécessitant une certaine maîtrise et que vous cherchiez à vous améliorer, à devenir meilleur ensemble. 

La raison pour laquelle ces joueurs auront tendance à utiliser un langage incompréhensible pour les moins expérimentés est que justement, l’utilisation de termes abstraits est une marque d’expertise. Prenez n’importe quelle publication scientifique rédigée par un expert, chaque paragraphe est rempli de termes abstraits où il faudrait lire d’autres publications pour les comprendre. Ces scientifiques maîtrisent la plupart du temps ces termes. Mais on ne peut pas en dire autant des joueurs de jeux vidéo.

Dans le monde du jeu vidéo, un seul critère suffit pour que les joueurs se prennent pour de véritables experts du domaine : le temps de jeu. La plupart des joueurs utilisent des termes empruntés de l’anglais sans même savoir ce qu’ils veulent dire. Et la grande majorité des joueurs qui progressent le font souvent en copiant d’autres joueurs bien meilleurs qu’eux. Un expert n’est pas seulement quelqu’un qui a passé du temps sur le sujet et qui copie les meilleurs, c’est aussi quelqu’un qui comprend ce qu’il copie et qui apporte quelque chose de nouveau. Le contexte compétitif et la définition d’un expert selon les joueurs amplifient donc énormément les effets de la malédiction du savoir, ce qui nous donne aujourd’hui en grande partie, l’environnement toxique dans lequel les jeux les plus compétitifs baignent.

Comment communiquer efficacement avec ces équipiers peu importe les circonstances

Maintenant que vous avez compris la véritable nature du problème qui est face à nous, je vais vous proposer la méthode que j’utilise depuis des années maintenant et qui me permet d’éviter les erreurs que j’ai citées dans cet article.

La méthode tient en 5 points et chaque point contre-carre justement chaque comportement lié à la malédiction du savoir. Certaines personnes pensent que le mot « malédiction » est trop fort, mais pour moi, c’est le mot qui convient parfaitement. En un instant, vous êtes incapable de communiquer efficacement avec vos équipiers de manière naturelle. En un instant, vous créez de la distance entre vous et vos équipiers. Tout ça, en étant convaincu de faire tout ce qu’il faut et que le problème vient des autres.

Garder son calme à l'apparition des erreurs que vous connaissez par cœur

Comme je l’ai dit précédemment, quand votre cerveau sait quelque chose, tout lui est évident. Notre cerveau étant une véritable machine de guerre pour détecter les menaces, il ne lui faudra pas plus de quelques instants pour vous faire remonter les erreurs.

Parce que ça vous semblera tellement évident, vous aurez tendance à vous demander si vos équipiers ont réellement un cerveau. Je suis un peu cru, mais décrivons les choses comme elles sont. Pour rappel, vous êtes dans une situation où la performance est de mise et vous essayez depuis un moment de progresser ensemble. Il y a donc généralement beaucoup de frustration dans ces moments difficiles.

La première étape est alors de garder son calme et de bien comprendre que l’énervement que vous ressentez à ce moment-là vient bien d’un défaut de notre cerveau qui est incapable de gérer ces nouvelles difficultés du monde moderne. En réalisant cela, vous comprendrez que votre énervement n’est pas lié aux performances de vos équipiers, mais bien à une réponse réflexe de votre cerveau et à la malédiction du savoir.

Restez concret, oubliez le langage abstrait

C’est un langage que vous ne maîtrisez peut-être même pas

Pour chaque concept abstrait que vous utiliserez dans vos explications, sachez que vos équipiers comprendront des choses différentes. Et à chaque fois, vous limitez vos chances d’être réellement compris par vos équipiers.

Vous serez naturellement poussé à utiliser ce genre de langage, car comme tous les joueurs de jeux vidéo qui ont aligné les heures, vous vous prenez pour un expert du domaine. La deuxième étape consiste alors à mettre son ego de côté et à expliquer les choses comme si vous les expliquiez à votre grand-mère. Pour cela, vous devez être extrêmement concret.

Si vous voulez que vos équipiers ne regardent pas dans la même direction que vous, pour éviter de vous faire surprendre, ne dites pas des choses comme « il faut qu’on se couvre l’un et l’autre en permanence ». Tout d’abord, car se couvrir peut avoir différentes significations selon la situation, êtes-vous en train de reculer ? Dans ce cas-là couvrir veut dire faire feu sans hésiter afin de pousser les adversaires à baisser la tête et vous permettre de reculer en minimisant les dégâts reçus. Ensuite, on sait très bien que l’expression « en permanence » veut justement dire « quand c’est nécessaire », donc vos équipiers seront complètement largués. Dans le cas qui nous intéresse, couvrir peut aussi vouloir dire, regarder dans des directions différentes afin de voir les ennemis arriver. Pour décrire ce message de manière concrète, donnez le maximum d’informations : « on était dans une maison et on s’est fait surprendre par l’arrière. La prochaine fois qu’on ira dans cette maison, il y a 3 fenêtres, on se mettra chacun à une fenêtre et le quatrième gardera la porte ». Ici, il n’y a absolument aucune place pour l’interprétation, c’est concret.

Si vous n’êtes pas fan de jeu de tir, prenons un exemple plus général : la cuisine. Pour quelqu’un qui n’y connait rien, lire « battre les œufs en neige » ne veut absolument rien dire. Les livres de recettes sont alors inutiles pour des personnes qui n’y connaissent rien. Mais connaissez-vous le support le plus apprécié par les personnes qui découvrent la cuisine ? La vidéo. Rien d’étonnant alors que tant de chaînes de cuisine fleurissent sur YouTube. La vidéo est l’élément le plus concret qui existe. La personne peut alors regarder les images, les repasser en boucle jusqu’à avoir saisi tous les détails dont elle a besoin. N’hésitez alors pas à montrer à vos équipiers comment s’y prendre, en leur expliquant vraiment les choses, pas en disant quelque chose comme « vous avez vu comment je suis trop fort ? »

Donnez une marche à suivre, évitez d'être vague

La troisième erreur que vous allez faire est d’être vague dans vos explications. Vous allez donner le minimum d’informations à votre équipier, comme s’il savait déjà ce qu’il fallait faire. En clair, vous vous adresserez à lui comme à quelqu’un qui ne fait pas l’erreur qu’il vient de commettre. Évidemment, ça n’a aucune chance de fonctionner.

En plus d’être concret, donnez une véritable marche à suivre à vos équipiers. S’ils doivent faire attention à certains éléments, dites-leur lesquels et comment y faire attention. S’il y a, a priori, un ordre optimal dans lequel faire les choses, proposez-leur cette marche à suivre qu’ils copieront « sans réfléchir » au départ et une fois qu’ils auront bien compris, ils l’adapteront pour leurs propres besoins et pour les différentes situations. En clair, donnez une recette en plus d’être concret.

Félicitez vos équipiers pour chaque amélioration, pour toutes les améliorations

Ici aussi, laissez votre ego de côté. Ne pensez pas que vos équipiers se transformeront en machines de guerre sous prétexte que vous leur avez donné des informations sous la bonne forme. Il leur manque quelque chose encore : l’expérience. Trop souvent, les personnes victimes de la malédiction de la connaissance ne réalise pas à quel point il leur a fallu du temps pour réellement comprendre ce qu’ils ont appris. Ils ne retiennent que le déclic, le moment où tout a un sens et où tout est « logique ».

Alors pour vous en souvenir, observez les améliorations et pas les lacunes de vos équipiers lorsqu’ils essayent de s’améliorer sur les points que vous avez abordés ensemble. Vous verrez très rapidement que vous devrez faire un réel effort pour voir les améliorations, et qu’au contraire, les lacunes vous sauteront au visage. Cette étape est le moment parfait pour vous pour réaliser à quel point la malédiction du savoir est très puissante sur notre cerveau.

Ici aussi, ne soyez pas trop vague. Ne dites pas « bien joué » à quelqu’un qui vient de réussir plusieurs étapes clés qui lui permettront de corriger l’erreur qui le poursuit depuis des semaines. Félicitez la personne pour chaque étape qu’elle a réussi à franchir dans l’application de la solution que vous avez décidée ensemble ou qu’elle a décidé. Insistez bien sur les éléments qui ont permis à votre équipier de réussir ces étapes, ça lui permettra de savoir ce qui a moins bien marché et de faire des corrections à la volée.

Rendez les choses faciles, utilisez les encouragements

Montrez à vos équipiers que leurs erreurs sont facilement rectifiables

Trop souvent, la malédiction du savoir va créer de l’impatience chez les joueurs les plus expérimentés. On les voit alors perdre les pédales sur des détails insignifiants comme si c’était la fin du monde. Ici, ne tombez pas dans le piège. Au lieu de péter un câble sur une erreur qui pour vous est très facilement rectifiable, proposez tout simplement une solution à votre équipier et montrez-lui qu’il existe des solutions simples à ses erreurs. Ici aussi, soyez concret, donnez une marche à suivre si nécessaire.

Si votre équipier doit modifier son placement, ne lui dites pas « tu dois corriger ton positionnement ». Ça ne veut absolument rien dire pour quelqu’un qui ne sait justement pas comment se placer. Au lieu de ça, proposez-lui plusieurs placements et montrez-lui les différents avantages et inconvénients. Laissez-le faire quelques tests, laissez-le ajuster sa façon de se placer et de réagir. Et continuez de rendre facile les choses afin de lui permettre de progresser rapidement et sans prise de tête.

Si vous ne connaissez pas la solution ou si vous n’avez rien d’autre que des propositions vagues, abstenez-vous de lui donner des conseils. Au lieu de ça, posez-lui des questions qui lui permettront de prendre les bons éléments en compte pour qu’ils puissent choisir lui-même une meilleure solution, un meilleur placement. Essayez cette question « okay ton placement n’était pas top, quels sont les éléments à améliorer pour avoir un meilleur placement selon toi ? » Il faut que la question pousse votre équipier à être descriptif dans sa réponse et il ne doit pas répondre par du jugement. S’il répond « je ne sais pas, je suis nul » ce n’est que du jugement et ça ne l’aidera pas à s’améliorer. Sa réponse doit ressembler à une description et sera du type « j’ai pris beaucoup trop de dégâts en restant là où j’étais, il me faudrait un endroit où je suis moins exposé, mais où je peux quand même pouvoir vous couvrir sur le côté gauche, car c’était mon travail ». Ici, nous avons 2 éléments importants : « être moins exposé » et « pouvoir couvrir ses équipiers sur la gauche ». Peu importe la solution que vous adopterez, elle respectera ces deux conditions quoi qu’il arrive.

Et si vous êtes complètement dépassé (ça arrive et il faut avoir le courage de le reconnaître), posez-vous alors la question « okay, quels sont les éléments à améliorer qui pourraient te permettre de limiter les désavantages de ta position ? » Ici, vous vous mettrez d’accord sur le fait que votre solution sera loin d’être suffisante, mais qu’elle est un premier pas vers une amélioration significative. Dit plus clairement, vous voulez ici limiter les dégâts en attendant de trouver de meilleures solutions. J’insiste vraiment sur l’expression « quels sont les éléments qui », oubliez les « pourquoi » et les « comment » qui attisent presque tout le temps le jugement dans les moments difficiles. Vous pouvez vous permettre d’utiliser ces mots quand tout le monde est au calme et que tout le monde peut réfléchir sans avoir peur d’être jugé. 

A vous de jouer maintenant !

Ici, je vais vous parler de la pire approche que vous puissiez adopter afin de résoudre le conflit : être objectif. Tout d’abord il est impossible d’être objectif, il y a forcément un système de valeurs plus ou moins explicite qui guidera nos pensées. Ensuite, quand nous adoptons cette position de l’objectivité, tout ce que nous disons ressemble à la vérité à nos yeux. Or, l’objectivité et la vérité sont deux choses bien différentes.

Je sais que beaucoup de joueurs sont encore convaincus que l’objectivité est la clé de tout. C’est même ce que l’on nous a appris à l’école, « on ne peut pas réfuter des arguments objectifs ». Dans la réalité, on peut le faire et on doit le faire, car nous ne sommes pas des machines sans âme.

La seule chose que vous allez y gagner en adoptant cette approche, c’est de rendre encore plus dingues les personnes qui veulent s’exprimer, car maintenant, vous allez les censurer et leur dire que ce qu’ils pensent n’est pas « valide ».

Article rédigé par Joseph Nguyen

Si vous avez des questions ou si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à me contacter directement sur Discord Pictou#8798. Je serai ravi de discuter avec vous.

5 solutions contre les erreurs de communication en jeu
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